LE CHEVAL

Tout autour mon amour
il y’a le vent qui passe
avec ses grands bras lourds
et ses airs de putasse

il nous mange le vent
comme un balourd vorace
il nous mange le vent
comme un vautour coriace

et nous attendons seul sur le quai dans la brume
le soleil impatient qui fait le tour du monde
et nous attendons seul sous la corne qui fume
son appel impatient
le navire et l’enclume

les passagers errants
assis de proche en proche
dans leurs manteaux de pluie leurs bagages soudés
aux espérances pâles
aux yeux remplis de doute
un cheval est entré dans la salle d’impatience

aux yeux fuligineux
pleins de sa mâle absence
aux yeux de larmes bleues
qui n’avaient plus de sens

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