CHAQUE JOUR

C’est comme
ça chaque jour
les lampes de pétrole
batifolent en neige
et font l’oreille douce

j’ai dormi sur la commissure
de tes lèvres
jusqu’au rez-de-chaussée
les herbes poussaient sur un chalutier
la finesse
de tes vertèbres
me faisait friser les os du crâne

le bord de la piscine est couvert de goudron
on regarde les anges
sucer leurs pointes
d’asperges
le visage encroûté par de la cellophane
brute. Un camion glisse sur la rive

nous ouvrons le cadavre
d’une matelote
blanche
rempli de mayonnaise
jusqu’aux coudes
avec une
fermeture éclair
qui lui gerce les lèvres
comme un trou de cochon
couché dans la campagne
sur les bords de la Bièvre
entre les parasols
jaunes
translucides

une
main guidoche au jokari
les citrons mentent ravaloche
nous sommes
au transfert de midi
je tends mes bras sous le poloch’

l’homme machine à ne rien faire
parcourt des doigts son univers
tendu comme
du papier de verre
et pousse un meuble de travers

dans l’antichambre du désir
ses pieds se recroquevillent
son air de brute passe
il fait frire
des pailles
dans de l’eau tiède

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